Eczéma de l’enfant : causes, symptômes et traitement efficace

Eczéma de l’enfant : causes, symptômes, facteurs aggravants et traitement efficace

15 octobre 2026 · Natalia Kirsten

Quand des parents me parlent de l’eczéma de leur enfant, ils commencent rarement par les plaques. Ils me parlent des nuits : l’enfant qui se gratte jusqu’au sang, qui se réveille, et eux qui se relèvent. L’eczéma touche 10 à 20 % des enfants. Il n’est pas contagieux et ne vient pas d’un manque de soins de votre part. Le plus souvent, il s’améliore en grandissant, et quelques gestes bien faits changent déjà beaucoup le quotidien.

L’eczéma de l’enfant en bref

  • Chez l’enfant, « eczéma » désigne presque toujours la dermatite atopique, une maladie de peau fréquente qui évolue par poussées.
  • Il commence souvent dès 3 mois et s’améliore le plus souvent en grandissant.
  • La base : une toilette courte à l’eau tiède et un émollient chaque jour.
  • En poussée, la crème à la cortisone prescrite par le médecin reste le traitement de référence, à la bonne dose.
  • Consultez vite en cas de fièvre ou de croûtes jaunâtres.

Eczéma ou dermatite atopique : de quoi parle-t-on chez l’enfant ?

Chez l’enfant, les deux mots désignent presque toujours la même maladie : la dermatite atopique, aussi appelée eczéma atopique. « Atopique » veut dire que l’enfant a un terrain allergique, souvent hérité : parmi les enfants qui ont un eczéma atopique, 50 à 70 % ont un parent proche (père, mère, frère ou sœur) lui-même touché par l’eczéma, l’asthme ou une allergie.

Sur cette peau, la protection naturelle est trop fine. Le système immunitaire réagit trop fort, avec des quantités anormalement élevées d’anticorps de l’allergie (les IgE). Et l’équilibre des bactéries se dérègle.

Le film hydrolipidique, c’est quoi ?

C’est un mince voile d’eau et de graisses qui recouvre la peau. Il la garde souple et la protège de ce qui la touche. Sur une peau atopique, il est trop fin : l’eau s’évapore et les irritants entrent plus facilement.

C’est sur ce dernier point, l’équilibre des bactéries, que je travaille depuis des années. Dans une petite étude américaine menée auprès de 12 enfants, les staphylocoques représentaient 90 % des bactéries détectées sur les plaques pendant les poussées non traitées, contre 35 % en dehors des poussées (source). On ne sait pas encore lequel, du déséquilibre ou de l’inflammation, commence.

Comment reconnaître l’eczéma selon l’âge ?

L’eczéma fait des plaques rouges et rugueuses, sur une peau sèche, avec des démangeaisons intenses. Leur place change avec l’âge. Chez le bébé, les démangeaisons se voient : il s’agite, frotte ses joues contre le drap, dort mal. En consultation, je montre souvent un petit test aux parents. Avec l’ongle, tracez doucement deux lignes droites sur la peau de votre enfant, puis deux lignes qui les croisent. Si la peau blanchit à cet endroit dans les secondes qui suivent, c’est un dermographisme blanc : un signe de peau atopique, trop sèche. Si elle rougit, c’est la réaction normale.

Âge Zones typiques
Avant 1 an Joues, front, menton, bras, jambes, derrière les oreilles, pli du cou. Le nez et les fesses sont en général épargnés.
De 1 à 2 ans Tête, cou et plis. Sur le corps, des plaques rondes de la taille d’une pièce de monnaie.
Après 2 ans Plis des coudes et des genoux, cou, poignets, chevilles, mains. À force de grattage, la peau s’épaissit.
Adolescence Visage, cou, plis, et des mains très sèches, parfois crevassées.

Bon à savoir

L’urticaire fait des plaques gonflées qui changent de place en quelques heures ; l’eczéma reste en place. Les croûtes de lait du nourrisson sont jaunâtres, grasses, sur le crâne, et démangent peu.

Facteurs déclenchants et aggravants : qu’est-ce qui relance les poussées ?

Le terrain est là dès le départ, mais les poussées sont souvent relancées par ce qui dessèche ou irrite la peau :

  • le froid, l’air sec, le chauffage et les changements de température, d’où les poussées de l’hiver ;
  • la chaleur et la transpiration ;
  • la laine contre la peau ;
  • les savons classiques (le savon de Marseille est trop alcalin), les bains moussants et les parfums ;
  • la fumée de tabac à la maison ;
  • chez certains enfants, les acariens, les pollens ou les animaux domestiques ;
  • le stress et les infections de la peau.

Et l’alimentation ? Chez la plupart des enfants, elle n’est pas en cause. Les pédiatres allergologues des Hôpitaux universitaires de Genève estiment qu’environ un enfant sur trois avec un eczéma modéré à sévère a aussi une allergie alimentaire. Seuls des tests chez un allergologue le confirment : sans allergie confirmée, ne supprimez pas un aliment comme les œufs, car vous exposez votre enfant à des carences. On peut en revanche adapter un peu : des fruits plutôt que du chocolat, par exemple.

Les soins du quotidien qui font la différence

Deux gestes font l’essentiel : une toilette courte et douce, et un émollient (une crème qui hydrate et nourrit la peau) chaque jour, même sans poussée.

Les recommandations 2025 de la Société française de dermatologie (SFD) sont précises : un bain ou une douche d’environ 5 minutes, dans une eau à 27-30 °C, avec un nettoyant sans savon dont le pH se situe entre 5 et 6. Le bain quotidien n’est pas obligatoire. Séchez en tamponnant, puis appliquez l’émollient sur tout le corps dans les minutes qui suivent : un baume en hiver, une texture plus légère en été.

Je conseille des soins neutres, sans parfum ni huile essentielle, et un seul émollient bien toléré plutôt que trois qu’on alterne. Méfiez-vous des produits « naturels » à base de plantes : sur une peau d’enfant déjà fragilisée, ils peuvent irriter.

Mon conseil pour le reste du quotidien

  • Des vêtements amples en coton ou en soie.
  • Une lessive sans parfum, bien dosée, sans assouplissant (ils contiennent tous des parfums).
  • Des ongles courts et, pour un bébé, des moufles en coton la nuit.
  • Une chambre fraîche, sans trop le couvrir.

Lire l’article sur la routine de soin des peaux atopiques.

Crème à la cortisone : faut-il en avoir peur chez l’enfant ?

Non, si elle est prescrite par le médecin et appliquée à la bonne dose. Les dermocorticoïdes, les crèmes à la cortisone, restent le traitement de référence pour calmer une poussée.

La peur est pourtant fréquente. Dans une étude française, 80,7 % des parents et des patients adultes interrogés avaient des craintes vis-à-vis de ces crèmes, et 36 % reconnaissaient ne pas suivre le traitement comme prévu (source). En consultation, je remarque souvent que la crème est trop peu appliquée : la plaque persiste et l’enfant continue de se gratter.

Les recommandations françaises conseillent une application par jour, jusqu’à disparition totale des plaques. La cortisone est à utiliser sur le court terme, juste pour les poussées. Entre les poussées, l’émollient prend le relais. Pour un eczéma qui dure, je prescris souvent aux enfants du tacrolimus, une pommade sans cortisone, utilisable à partir de 2 ans : elle n’amincit pas la peau et peut s’utiliser bien plus longtemps. Consultez : le dermatologue choisira avec vous le traitement le mieux adapté.

La bonne dose : l’unité phalangette

Déposez la crème sur toute la longueur de la dernière phalange de votre index. Cette quantité couvre une surface égale à deux paumes de main d’adulte. Le torse d’un bébé fait à peu près deux de vos paumes : une phalange suffit.

Cure thermale ou bains de mer : qu’est-ce qui aide un enfant ?

Je conseille d’abord la mer. L’eau salée est souvent très bien tolérée et elle me paraît bénéfique pour l’équilibre du microbiome cutané, alors que le chlore de la piscine dessèche davantage la peau. Après la baignade, appliquez l’émollient. La cure thermale peut aussi aider certains enfants, en complément des soins habituels, mais sa prescription reste prudente. Prescrite par un médecin, elle associe des soins à l’eau thermale pendant 18 jours, et l’Assurance Maladie en prend une partie en charge. Je la vois surtout comme un temps d’apprentissage : des ateliers montrent aux parents et aux enfants comment appliquer les crèmes et gérer l’envie de se gratter. Ces programmes d’éducation thérapeutique existent aussi dans certains hôpitaux. Pour plus de détails, lire l’article du site Ameli : Effectuer une cure thermale : formalités et prise en charge.

L’eczéma passe-t-il en grandissant ?

Le plus souvent, oui. D’après la SFD, 80 % des dermatites atopiques ne persistent pas après 8 ans de suivi, et moins de 5 % persistent après 20 ans de suivi. L’eczéma dure plus souvent chez les filles et quand il commence après 2 ans. Il peut aussi revenir à l’adolescence, souvent sur les mains et dans les plis.

Quand consulter le médecin ?

Dès les premières plaques, pour confirmer le diagnostic. Ensuite, consultez rapidement si :

  • les lésions suintent davantage, se couvrent de croûtes jaunâtres ou s’accompagnent de fièvre : c’est peut-être un impétigo, une infection de la peau par une bactérie ;
  • de petites bulles groupées puis de petites plaies rondes apparaissent chez un enfant fiévreux ou abattu : c’est peut-être une infection par le virus de l’herpès, à montrer en urgence ;
  • les poussées reviennent malgré des soins bien suivis, ou ses nuits sont souvent hachées.

Évitez qu’une personne qui a un bouton de fièvre embrasse votre enfant. Pour les eczémas sévères, le dermatologue peut prescrire des traitements ciblés, comme les biothérapies, selon l’âge de l’enfant.

Ce que vous pouvez faire dès ce soir

Commencez par la toilette de 5 minutes à l’eau tiède, puis l’émollient sur tout le corps, et gardez ce rythme chaque jour. En poussée, appliquez la crème prescrite à la bonne dose jusqu’à disparition des plaques. Et ne culpabilisez pas : vous n’êtes pour rien dans ce terrain.

Vous avez vous-même une peau à tendance atopique ? C’est fréquent chez les parents d’enfants qui ont de l’eczéma. C’est pour ces peaux que j’ai conçu la crème WundrME™ : elle s’occupe de la cause, pas seulement de la crise. Sa technologie QT ShieldMe™ associe des paraprobiotiques, qui soutiennent l’équilibre du microbiome cutané, à des céramides qui renforcent la barrière cutanée. Elle s’utilise au quotidien, en complément de votre suivi. Elle a été testée chez le nourrisson : elle convient donc aussi à votre enfant, en complément des soins prescrits par son pédiatre ou son dermatologue. Je détaille comment elle agit dans un article dédié.

Sources

WundrME™ Microbiome Repair Creme
Notre solution
WundrME™ Microbiome Repair Creme

WundrME™ ist die erste Creme ihrer Art mit der QT ShieldMe™ Paraprobiotika-Technologie. In fünf Jahren von Dr. Natalia Kirsten, Dermatologin und Wissenschaftlerin, entwickelt, unterstützt sie das Gleichgewicht des Hautmikrobioms.