Qu’est-ce que l’eczéma ? Symptômes, causes et types
15 octobre 2026 · Natalia KirstenDes plaques rouges au creux des coudes, des démangeaisons intenses qui vous réveillent la nuit, puis une accalmie avant que tout recommence. Il s’agit peut-être d’eczéma, la deuxième maladie de peau la plus fréquente en France : 2,5 millions de personnes sont concernées.
Alors, qu’est-ce que l’eczéma, exactement ?
L’eczéma en bref
- L’eczéma est une inflammation de la peau qui démange.
- Sa forme la plus fréquente est l’eczéma atopique (ou dermatite atopique).
- Il touche les nourrissons, les enfants et les adultes.
- Il n’est pas contagieux, même lorsque les plaques suintent ou forment des croûtes.
- Il découle d’une barrière cutanée fragile et d’une réaction excessive du système immunitaire.
- Il évolue par poussées, entrecoupées de périodes d’accalmie.
- On ne sait pas encore le guérir définitivement, mais des traitements permettent de contrôler les poussées et d’améliorer le confort au quotidien.
- Si votre eczéma s’accompagne de plaques qui suintent, de fièvre, d’une suspicion d’infection ou de démangeaisons qui empêchent de dormir : consultez un médecin.
Eczéma et dermatite atopique, c’est la même chose ?
Presque. « Eczéma » est un terme général utilisé pour désigner différentes inflammations de la peau qui démangent.
L’eczéma atopique, aussi appelé dermatite atopique, est la forme la plus fréquente. Ces deux noms désignent donc la même maladie.
Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique de la peau. Elle touche 10 à 20 % des enfants en Europe et 4 à 5 % des adultes en France. Chez l’enfant, elle disparaît avant l’adolescence dans environ 70 % des cas, mais elle peut persister à l’âge adulte.
En consultation, je vois souvent des adultes, hommes comme femmes, surpris d’en avoir encore, ou d’en développer, à 30 ou 40 ans, souvent dans une période de travail prenante ou stressante.
Bon à savoir
« Atopique » désigne une tendance, souvent familiale, à réagir trop fort à l’environnement (acariens, pollens). 50 à 70 % des enfants atteints ont un père, une mère, un frère ou une sœur qui en a eu aussi.
Quels sont les symptômes de l’eczéma ?
Les symptômes de l’eczéma varient selon la personne, l’âge et l’intensité de la poussée. Certains apparaissent rapidement, d’autres s’installent avec le grattage répété ou l’évolution des lésions. Les plus fréquents sont :
Des démangeaisons intenses
Aussi appelées prurit, elles sont souvent le premier signe de l’eczéma. Elles peuvent devenir suffisamment fortes pour perturber le sommeil, notamment chez l’enfant. Lire l’article sur l’eczéma qui gratte.
Des plaques rouges
Elles apparaissent généralement sur une peau sèche et leurs contours sont souvent mal délimités.
De petites cloques ou vésicules
Ces petites bulles peuvent se rompre, laisser suinter un liquide puis former des croûtes. Lire l’article sur l’eczéma qui suinte.
Une sécheresse importante de la peau
Elle est particulièrement fréquente dans la dermatite atopique. La peau tire, elle est irrégulière au toucher et peut peler.
Un épaississement de la peau
Lorsque le grattage se répète, la peau peut progressivement devenir plus épaisse.
Autres symptômes
Lorsque les démangeaisons sont importantes, elles peuvent aussi entraîner des troubles du sommeil, de la fatigue et de l’irritabilité. Tous ces symptômes ont un vrai impact sur la qualité de vie.
Où apparaît l’eczéma en fonction de l’âge ?
La localisation des plaques évolue souvent avec l’âge : certaines zones sont plus fréquemment touchées chez le bébé, l’enfant ou l’adulte.
| Âge | Zones les plus touchées |
|---|---|
| Bébé (de 3 mois à 2 ans) | Joues, front, oreilles, bras et jambes |
| Enfant de plus de 2 ans | Plis des coudes et des genoux, cou |
| Adolescent et adulte | Visage, cou, bras, poignets, plis des coudes et des genoux |
Quelle zone du corps est touchée par votre eczéma ?
Selon la zone concernée, les symptômes, les causes possibles et les soins à privilégier diffèrent. Pour aller plus loin, retrouvez nos articles dédiés à :
Quelles sont les causes de l’eczéma ?
Il n’existe pas une cause unique de la dermatite atopique. Elle résulte de plusieurs facteurs qui se combinent :
- une prédisposition génétique ;
- une barrière cutanée fragilisée ;
- un système immunitaire qui réagit de manière excessive ;
- certains facteurs environnementaux.
Ces différents éléments expliquent pourquoi l’eczéma ne se manifeste pas de la même façon chez tout le monde. Voyons-les un par un, ainsi que l’impact du stress et de l’alimentation.
Une barrière cutanée plus fragile
La barrière cutanée est la couche la plus externe de la peau. Elle retient l’eau à l’intérieur et empêche les irritants de pénétrer.
Lorsqu’elle fonctionne moins bien, la peau perd davantage d’eau, devient sèche, tiraille et réagit plus facilement aux substances irritantes et aux allergènes.
Chez certaines personnes, le gène de la filaggrine, une protéine importante dans la construction de cette barrière, fonctionne moins bien.
Dans une étude à laquelle j’ai participé auprès de 48 630 salariés en Allemagne, la peau sèche, présente chez 29,4 % des personnes étudiées, était associée à un risque d’eczéma atopique près de quatre fois plus élevé.
La prédisposition génétique
Les antécédents familiaux jouent également un rôle important. Selon l’Inserm, jusqu’à 70 % des personnes touchées par une dermatite atopique ont un parent du premier degré lui-même atteint.
Le rôle du microbiome cutané
Le microbiome, c’est l’ensemble des micro-organismes qui vivent naturellement sur notre peau.
Sur une peau atopique, cet équilibre est souvent perturbé, notamment au profit du staphylocoque doré (Staphylococcus aureus), retrouvé sur les plaques d’une grande partie des patients.
Durant ces cinq dernières années, j’ai fait des recherches sur le rôle central du microbiome cutané dans l’eczéma. Ce sont ces recherches qui m’ont menée à créer WundrME™ et à mettre au point, avec un brevet délivré et deux autres demandes en cours, la technologie QT ShieldMe™.
Bon à savoir
De plus en plus d’études ciblent le microbiome cutané comme stratégie thérapeutique chez les patients atteints de dermatite atopique. Lire cette étude sur les dernières avancées.
Les facteurs environnementaux
Sur ce terrain prédisposé, plusieurs éléments peuvent favoriser une nouvelle poussée :
- l’eau trop chaude ;
- les savons et certains produits d’hygiène ;
- certaines lessives ;
- la chaleur et la transpiration ;
- l’air froid et sec ;
- la laine ;
- les parfums ;
- les changements hormonaux, notamment pendant la grossesse ;
- chez certaines personnes, les acariens, les poils d’animaux ou les pollens.
Les déclencheurs varient d’une personne à l’autre.
Le stress peut-il provoquer de l’eczéma ?
Le stress est souvent accusé d’être à l’origine de l’eczéma. Ce n’est pas exactement le cas. Le stress n’est pas la cause de la dermatite atopique, mais il peut favoriser ou aggraver une poussée chez certaines personnes.
Comme l’explique la Dre Marie Tauber, dermatologue et allergologue à Lyon : « Il faut absolument déculpabiliser les patients, ce n’est pas de leur faute s’ils ont de l’eczéma ». Je le répète souvent à mes patients en consultation : l’eczéma n’est pas « dans la tête ».
L’alimentation joue-t-elle un rôle ?
Une allergie alimentaire peut être associée à la dermatite atopique et parfois déclencher ou aggraver des poussées, en particulier chez le jeune enfant. Cela ne signifie pas que l’alimentation est responsable de tous les eczémas.
Ne supprimez pas un aliment sans avis médical lorsqu’aucune allergie n’a été identifiée. La grande majorité des personnes atteintes d’eczéma atopique n’a pas besoin de suivre un régime d’éviction. En consultation, j’ajoute souvent que les produits laitiers, la viande rouge en grande quantité et le chocolat peuvent aggraver l’eczéma : vous pouvez en diminuer la consommation, sans les exclure complètement.
Quels sont les différents types d’eczéma ?
La dermatite atopique n’est pas la seule forme d’eczéma. Les classifications varient selon les spécialistes. Parmi les principales formes, on retrouve :
| Type | Ce qui le caractérise |
|---|---|
| Eczéma atopique | Maladie inflammatoire chronique associée à une barrière cutanée fragile et à un terrain atopique |
| Eczéma de contact allergique | Allergie à une substance (nickel, parfums, latex) : la plaque apparaît là où elle a touché la peau, souvent 4 à 24 h après. En savoir plus sur la dermatite de contact. |
| Eczéma de contact irritatif | Peau abîmée par un produit chimique. Il fait souvent plus mal qu’il ne démange. |
| Dyshidrose | Minuscules bulles qui démangent sur les paumes, les doigts ou la plante des pieds. En savoir plus sur la dyshidrose. |
| Eczéma de stase ou variqueux | Atteint surtout le bas des jambes et est associé à une mauvaise circulation veineuse. En savoir plus sur la dermatite de stase. |
D’autres formes sont également possibles, notamment :
- l’eczéma chronique des mains ;
- la dermite de contact aux protéines ;
- l’eczéma nummulaire ;
- certaines formes bulleuses.
Dans une interview, le dermatologue Dr Toni Ionesco rappelle d’ailleurs que le mot « eczéma » recouvre plusieurs maladies. Il cite notamment le nickel présent dans certains bijoux ou certaines boucles de ceinture pour illustrer l’eczéma allergique de contact.
Comment différencier l’eczéma d’autres maladies de peau ?
Certaines maladies provoquent des lésions qui peuvent ressembler à de l’eczéma. C’est notamment le cas :
- du psoriasis, qui forme généralement des plaques bien délimitées couvertes de squames ;
- de la dermatite séborrhéique, caractérisée notamment par des squames jaunâtres et grasses sur le cuir chevelu ou le visage ;
- de certaines mycoses ;
- de la gale.
Lire l’article sur la différence entre eczéma et psoriasis et celui sur l’eczéma du cuir chevelu. En cas de doute, seul un médecin ou un dermatologue peut établir le diagnostic.
L’eczéma peut-il disparaître ?
On ne sait pas encore guérir définitivement la dermatite atopique, mais on sait contrôler ses symptômes et mettre la maladie en rémission.
Une grande partie des dermatites atopiques apparues pendant l’enfance s’améliorent avec l’âge. L’évolution reste néanmoins différente d’une personne à l’autre et certaines formes persistent à l’âge adulte.
Le plus épuisant n’est souvent pas la plaque visible. C’est le cycle : démangeaison, grattage, peau abîmée, nouvelles démangeaisons. Il peut entraîner :
- des troubles du sommeil ;
- de la fatigue ;
- de l’irritabilité ;
- un impact sur le moral et la qualité de vie.
Le grattage fragilise également la peau et augmente le risque de surinfection bactérienne. Des croûtes jaunes peuvent alors apparaître. Des virus comme l’herpès peuvent aussi entraîner une complication nécessitant une prise en charge rapide.
La prise en charge a également évolué avec l’arrivée de nouvelles thérapies ciblées et une approche davantage centrée sur le patient.
Quels traitements pour l’eczéma ?
Le traitement dépend :
- du type d’eczéma ;
- de sa sévérité ;
- des zones touchées ;
- de son impact sur le sommeil et la qualité de vie ;
- de la réponse de chaque patient aux traitements.
Une forme légère et localisée ne nécessite donc pas la même prise en charge qu’un eczéma sévère ou très étendu.
Les émollients pour protéger la barrière cutanée
Le soin de base est généralement l’émollient, une crème qui hydrate et protège la peau. Il s’applique une à deux fois par jour, y compris entre les poussées, contre la sécheresse cutanée et pour soutenir la barrière de la peau. Le produit doit être adapté à la zone concernée et surtout à la tolérance de chaque peau.
Les dermocorticoïdes pendant les poussées
Pour les formes légères à modérées, la Pr Angèle Soria explique que « le traitement le plus courant est l’application d’une crème anti-inflammatoire », associée à une crème hydratante destinée à restaurer la barrière de la peau.
Pendant une poussée, le principal traitement médical reste généralement le dermocorticoïde, une crème à base de cortisone prescrite par le médecin. Elle s’applique selon ses indications, généralement jusqu’à disparition des plaques. En savoir plus sur la crème à la cortisone.
Je vois plus souvent en consultation une crème appliquée trop peu par peur de la cortisone, ou une crème trop faiblement dosée face à une inflammation sévère, installée depuis un moment. Dans les deux cas, la poussée s’installe. Il ne faut pas opposer systématiquement cortisone et autres soins : elle est parfois nécessaire pour calmer l’inflammation pendant une crise. En revanche, ce n’est pas un soin destiné à être utilisé en continu sur le long terme. Lire l’article sur comment calmer rapidement une crise d’eczéma.
Que faire si l’eczéma est plus sévère ?
Lorsque l’eczéma résiste aux traitements locaux ou devient sévère, le dermatologue peut envisager d’autres solutions :
- certains traitements locaux sans cortisone ;
- des biothérapies, que je prescris beaucoup : ces anticorps fabriqués en laboratoire sont très efficaces et bien tolérés ;
- des immunosuppresseurs dans certaines situations ;
- plus rarement, des séances de lumière (photothérapie) à l’hôpital, qui usent le capital soleil de la peau, déjà bien entamé dans notre région ;
- d’autres traitements ciblés, prescrits à l’hôpital.
Lire l’article sur la dermatite atopique sévère. Comme le résume la Dre Tauber : « Nous savons mettre au repos (en rémission) l’eczéma. »
Côté soins, mieux vaut rester simple : peu de produits, des formules douces et sans parfum. Le terme « naturel » ne signifie pas qu’un produit conviendra mieux à une peau atopique. Certains extraits végétaux ou huiles essentielles peuvent au contraire être irritants ou allergisants. Lire l’article sur les traitements naturels de l’eczéma.
Quels gestes adopter au quotidien ?
L’hygiène et l’hydratation jouent un rôle important dans le confort d’une peau atopique et complètent le traitement prescrit.
Mon conseil de dermatologue
- Prenez une douche courte et tiède plutôt qu’un bain très chaud.
- Utilisez un nettoyant doux et sans savon.
- Séchez la peau en tamponnant plutôt qu’en frottant.
- Appliquez ensuite votre crème hydratante.
- Choisissez de préférence des vêtements en coton ou en soie plutôt qu’en laine.
- Gardez les ongles courts pour limiter les lésions provoquées par le grattage.
- Repérez les produits ou situations qui semblent déclencher vos poussées et parlez-en à votre médecin.
Lire l’article sur la routine de soin des peaux atopiques.
Quand consulter un médecin ?
Consultez votre médecin ou un dermatologue si vous avez un doute sur le diagnostic. Un avis médical est particulièrement important lorsque :
- les démangeaisons vous empêchent de dormir ;
- l’eczéma affecte votre moral ou votre vie quotidienne ;
- les plaques suintent ;
- elles se couvrent de croûtes jaunes ou de boutons contenant du pus ;
- vous avez de la fièvre ;
- l’aspect des lésions change ;
- les lésions se trouvent autour des yeux ;
- les traitements ou soins habituels ne suffisent plus.
Consultez rapidement si l’eczéma s’aggrave après un contact avec un bouton de fièvre lié à l’herpès. Cette infection peut entraîner des complications importantes sur une peau atopique.
Pour plus de détails, lire l’article du site Ameli : Dermatite atopique : quand consulter ?
Prendre soin de sa peau entre les poussées
Même lorsque la peau va mieux, gardez une routine simple et régulière. Si les poussées reviennent fréquemment, parlez-en à votre médecin afin d’adapter la prise en charge. Lire l’article sur l’eczéma qui revient tout le temps.
En complément d’une prise en charge médicale lorsqu’elle est nécessaire, WundrME™ Microbiome Repair a été développée pour le quotidien des peaux à tendance atopique et eczémateuse. Il s’agit d’un soin dermo-cosmétique, et non d’un médicament ou d’un substitut à un traitement prescrit. Je détaille ce que fait chaque crème contre l’eczéma dans un article dédié.
J’ai développé cette formule après cinq années de recherche sur le microbiome cutané. Elle associe notamment des paraprobiotiques issus de la technologie QT ShieldMe™, des céramides biomimétiques, de l’acide lactique et des lysats bactériens. Les céramides soutiennent la barrière cutanée, tandis que la formule a été pensée pour respecter l’environnement microbien de la peau. Un test in vitro a montré une réduction de 99,99 % de l’adhésion de Staphylococcus aureus en 24 h.
Sources
- Société française de dermatologie. Journée mondiale de l’eczéma 2024.
- Société française de dermatologie. Recommandations sur la dermatite atopique, 2025.
- Assurance Maladie. Reconnaître l’eczéma atopique et Dermatite atopique : quand consulter ?
- Nature Genetics. Étude sur le gène de la filaggrine et la barrière cutanée.
- Augustin M, Kirsten N et al. Prevalence, predictors and comorbidity of dry skin in the general population. JEADV, 2019.
- Inserm. Dermatite atopique (eczéma atopique).
- Méta-analyse sur la présence du staphylocoque doré dans la dermatite atopique.
- Étude sur le microbiome cutané comme stratégie thérapeutique dans la dermatite atopique. PubMed.
- MSD Manuals. Dermatite de contact, Dermatite des mains et des pieds, Dermatite de stase.
- Karger. Article sur l’évolution de la prise en charge de la dermatite atopique.
- Dr Toni Ionesco. Interview sur l’eczéma.
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